Par exemple, la fameuse décision ministérielle du 25 juin 2010 (qui décide de la mise en concession de la RN 154 RN 12) est fondée sur les considérant suivants :
Considérant :
– que le projet d’accélération de l’achèvement de l’aménagement de la RN 154 par mise en concession
autoroutière sur l’itinéraire Nonancourt–Dreux–Chartres–Allaines en solution alternative à la mise en 2 × 2
voies progressive a fait l’objet d’un débat public du 12 octobre 2009 au 28 janvier 2010 ; que ce débat a
permis l’expression d’une grande pluralité de points de vue ;
– que le débat a fait apparaître un large consensus sur la nécessité d’accélérer l’achèvement de
l’aménagement de la RN 154 en y incluant le tronc commun avec la RN 12 entre Nonancourt et Dreux
afin d’améliorer les conditions de déplacements ;
– que le débat a fait apparaître des interrogations sur les conséquences qu’une mise en concession de
l’aménagement de la RN 154 pourrait avoir sur l’utilisation de l’infrastructure, notamment pour le trafic
local ;
– que le débat a fait apparaître des divergences sur les modalités de réalisation des contournements de
Nonancourt - Saint-Rémy-sur-Avre, de Dreux et de Chartres ainsi que de l’aménagement de la jonction
avec l’autoroute A 10 au niveau d’Allaines ;
– que ce débat a mis en évidence :
– la nécessité de poursuivre des aménagements de sécurité sur la RN 154 ;
– l’importance des filières industrielles dans l’aire d’influence du projet ;
– les nuisances importantes, tant à l’égard des riverains que de l’environnement, générées notamment par
le système actuel de circulation est-ouest sur la section en tronc commun avec la RN 12 ;
– les situations de congestion au niveau des agglomérations de Nonancourt - Saint-Rémy-sur-Avre, de
Dreux et de Chartres et de la jonction avec l’autoroute A 10 au niveau d’Allaines ;
– la nécessité de préserver l’activité agricole de la plaine de la Beauce ;
– la présence de milieux naturels et de paysages remarquables dans le périmètre du projet ;
– que le projet contribue, en cohérence avec la loi du 3 août 2009 susvisée :
– à répondre aux importants enjeux de fret qui se posent notamment à l’échelle de la région Centre ;
– à mieux structurer, dans une perspective multimodale, les déplacements interrégionaux et, dans ce cadre,
à achever le maillon manquant du Grand Ouest parisien ;
– à réduire les nuisances occasionnées par l’infrastructure existante au niveau des villages et villes qu’elle
traverse, dont notamment Nonancourt - Saint-Rémy-sur-Avre, Dreux et Chartres ; – à permettre aux agglomérations de repenser leur développement autour d’un meilleur partage de la
voirie ;
– que les modernisations de lignes ferroviaires inscrites au contrat de projets 2007-2013 ne pourront
pleinement répondre aux objectifs recherchés par l’aménagement de la RN 154, notamment du fait de
l’absence de ligne ferroviaire entre Dreux et Chartres.
Le premier considérant mentionne que le débat a permis l'expression d'une grande pluralité de points de vue, ce qui veut dire que de nombreux points de vue différents se sont exprimés ; c'est en effet le l'objet d'un débat dont le but est de conduire vers un rapprochement des points de vue. Mais il fait apparaître aussi des interrogations, c'est à dire des différences, sur les conséquences d'une mise en concession, et des divergences sur les contournements de Nonancourt - Saint-Rémy sur Avre, Dreux et Chartres, excusez du peu, il s'agit des carrefours générés par les principales agglomérations du projet.
Les autres considérant ne sont que la reprise de tous les motifs qui peuvent justifier l'existence d'une route, et qui sont inlassablement répétés depuis trente ans, mais certainement pas la mise en concession de ce projet.
Et pourtant, sans autre explication, le ministre décide dans l'article 1er d'autoriser la mise en concession. Et depuis le 25 juin 2010, tous les amateurs de péages, de travaux publics privatisés continuent de nous expliquer que ce qui est bon pour le viaduc de Millau, chef d'oeuvre industriel autant que socio-économique, le serait aussi pour un parcours fait de bric et de broc.
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