dimanche 11 décembre 2016

Les élus, l’économie et l’attractivité.


En politique on est obligé de parler de sujets qui concernent le territoire à la prochaine élection et dont on ne maîtrise ni la théorie, ni l’état présent. Cela amène à dire des évidences réelles ou souhaitées, du genre de : « Ce projet représente une opportunité de forte valorisation du territoire, en lui offrant de nouvelles perspectives en matière d’accessibilité, renforçant ainsi son attractivité. » Tout ceci est bel et bon, mais on voit mal l’influence de la valorisation et les nouvelles perspectives en matière d’accessibilité s’exercer rapidement et efficacement sur l’attractivité. Ajoutons que les critères de l’attractivité ne sont pas les mêmes partout (chaque ville a sa personnalité propre qui soutient ou non son attractivité) ; par ailleurs, l’attractivité n’est qu’une sorte d’influence, ou même de séduction, qu’une ville exerce par son image et celle de ses habitants ; il lui faut dont une certaine masse critique pour provoquer un effet mesurable. Les petites villes sont sur ce point handicapées naturellement.
Les élus devraient donc chercher des objectifs plus réalistes pour leurs projets d’investissement.
Ils devraient aussi se souvenir des aventures industrielles formidables comme celle de Philips qui appliqua avec succès un plan de création d’une industrie électronique en France dans les années 55 (Caen Semi conducteurs – Evreux Condensateurs – Dreux Tubes cathodiques & Téléviseurs – Chartres Tubes radio – Nogent le Rotrou – Rambouillet Radio), en cinq ans, pour tout liquider trente ans après, ce qu’il avait anticipé, pour cause d’évolution de la technologie.
Ils devraient évidemment aussi  se souvenir de la construction dans les années 60 des 6 tours de 15 étages et des 20 tours de 4 étages qui offraient 800 logements aux ouvriers et cadres de l’industrie.

Les tours de 20 étages sur un plateau avec du terrain libre à perte de vue reflétaient une sorte de folie de l’époque, ce qui n’est évidemment pas une excuse. L’issue de cette folie a été catastrophique à tous égards, y compris financièrement. On n’a sans doute pas encore fini de solder ce désastre. Mais on a le droit de penser qu’à l’époque quelques beaux esprits ont certainement juré qu’un tel stock de logements modernes allait doubler l’attractivité de la ville, alors que très malencontreusement, cela a eu l’effet inverse.