dimanche 22 mai 2016

La concertation au Conseil Municipal

Il s'agissait de délibérer sur l'aménagement de la RN154/RN12.
Le Vice-président du Conseil départemental rappela que cela faisait 40 ans que l'on discute de ce projet, et qu'il lui semblait surprenant "que l'on vienne dire ce soir qu'il n'était plus utile". Je n'ai malheureusement pas trouvé dans mes archives de 1974 un document sur cet aménagement dont on fait généralement référence depuis 1994, ce qui n'est déjà pas mal. Mais si une réalisation indispensable met tant de temps à se réaliser alors que tant d'autres, qui l'étaient peut-être moins, se sont multipliées comme le montre cruellement l'évolution de la dette (1994 : 570Mds€ 2015 : 2097Md€) qui interdit désormais à l'Etat d'emprunter pour investir puisqu'il finance avec la dettes ses interminables déficits, c'est peut-être qu'il n'est plus autant nécessaire, ou pire,  plus autant rentable.
On peut aussi observer que durant cette période l'Etat a financé et réalisé l'aménagement de la RN12 en 2x2 voies entre Vélizy et Dreux, ainsi que la partie Dreux-Chartres de la RN154. Cet ensemble représente pour Dreux et le département un progrès considérable.
Pour développer sa pensée, afin d'éclairer les Drouais qui ne le seraient pas encore, il qualifie le discours des opposants au projet d’archaïsme, ce qui signifie probablement qu'en matière d'infrastructures de transport seule l'autoroute est moderne. Peut-être, si moderne veut dire "dernier arrivé", ce qui n'est pas le critère ultime de l'utilité.
Le Vice-président du Conseil départementale avoue ensuite qu'il ne sait pas s'il existe un pays au monde comme la France. Comme la France, il y a la France. Y en a-t-il un autre, je réponds avec assurance : non. Ne cherchez pas. Incidemment, les Drouais peuvent éprouver quelques fierté en entendant un élu local de notre brillante sous-préfecture la comparer au reste du monde. Quand un successeur de Rotrou écrira-t-il un drame en cinq actes sur l'éloquence Durocasse ?
Et pour conclure, le VP révèle qu'à ses yeux une autoroute est indispensable à tout développement économique. Vous aurez probablement une démonstration de cette audacieuse affirmation lors de son prochain séminaire sur le développement économique.

L'histoire de Dreux en matière industrielle a reposé sur son emplacement, sa population et le progrès technique. Sa dernière période euphorique a été animée par un géant de l'électronique (Philips) et un centre de production consacré à la télévision en 1960 (tubes cathodiques et téléviseurs). Au bout d'une trentaine d'années, le progrès technique a tué le tube cathodique et le téléviseur qui le contenait; la construction d'une nouvelle usine sur une échelle plus modeste, et donc l'abandon de l'ancienne, montre que la durée de vie d'un projet fondé sur le progrès technologique ne dure guère plus que le temps d'une génération. Et aucune autoroute n'aurait sauvé la fabrication de tubes cathodiques.

Le Maire rappelle qu'une infrastructure de transport relève de l'initiative et l'autorité de l'Etat, ce que personne ne songerait à discuter. Mais l'Etat, s'est aussi rendu compte qu'il gouverne pour un peuple qui est désormais mieux éduqué qu'il ne l'a jamais été, et qui veut, légitimement donner son avis sur tout ce qui risque de bouleverser son environnement.
Désormais, il existe des accords internationaux sur ce sujet, et la Convention d'Aarhus par exemple a défini les droits des citoyens dans ce domaine. L'Etat a aussi, désormais, des comptes à rendre, et pour y parvenir, il a mis au point une procédure dite "de concertation" donnant le cadre dans lequel le peuple doit être consulté. Certes c'est toujours l'Etat qui signera la décision, mais il aura dû respecter certaines obligations en matière de décision et d'information.

Que dire de l'expérience vécue par les Drouais sur la concertation ? Notre article du 3 mai sur le site de la Dreal répond en partie à cette question.


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