dimanche 17 avril 2016

Les études complémentaires et les conclusions suspectes (suite)

On me signale que le scénario 3bis concerne la totalité du secteur Nonancourt/Dreux, pour un investissement de 492M€ selon les études complémentaires et une subvention d'équilibre de 238M€ ; ce qui laisse 361M€ d'investissement pour le secteur Dreux/Allaines, et une subvention d'équilibre de 58M€.
On observe avec surprise que si la subvention d'équilibre pour le projet complet (Nonancourt/Allaines) est de 58M€, et que celle du secteur Nonancourt/Dreux est de 238M€, celle qui est nécessitée par le secteur Dreux/Allaines est négative à concurrence de 180M€ ; elle ne résulte pas d'un besoin de financement de la concession, mais d'un excédent de financement.

Pour que cela ait un sens, il faut se rappeler que, du point de vue de l'Etat, le poids des investissements qui lui incombent ne peuvent plus être financés seulement par ses ressources tirées de la fiscalité nationale, mais que la charge peut en être supportées aussi par le contribuable régional ainsi que par l'usager, d'où la passion des élus locaux pour la mise sous concession dont ils ne voient les inconvénients réels que tardivement.

La grande difficulté de l'aménagement de la RN154/RN12 est évidemment le croisement de ces deux nationales qui ne devrait pas être laissé à niveau, source des difficultés identifiées par la commission mobilité 21. Or si le péage associé à certains ouvrages d'art (le Pont de l’Île de Ré ou le viaduc de Millau) est désormais admis, celui qui s'appliquerait au franchissement d'une nationale le serait peut-être moins, d'où la tentation de la faire supporter par les contribuables et les usagers du secteur Dreux/Allaines.

Tout ceci n'a donc rien à voir avec "la concédabilité du projet" dont le sujet n'est d'ailleurs pas abordé dans l'étude, et pour cause ... Mais a beaucoup à voir avec la mise en concession du projet qui, "d'un strict point de vue économique et financier est plus avantageux à réaliser en totalité".
Autrement dit, l'exécution partielle du projet ne permet pas d'atteindre un équilibre financier "raisonnable", d'où la nécessité de faire le projet total. Sans projet total, pas de concession, donc il faut démontrer (ou faire semblant) de la nécessité du projet total.

Mais pourquoi aiment-ils donc autant la mise en concession autoroutière ?


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